ACCUEIL

DÉCOUVREZ LE RÉALISME SONORE MAGIQUE DE JUAN ARROYO

IMG_1423

Crédit Isabelle Françaix

Né à Lima, Pérou, Juan Arroyo suit des études de composition aux Conservatoires de Lima, de Bordeaux puis au Conservatoire Nationale Supérieur de Musique et Danse de Paris. Il approfondit ses connaissances musicales lors de formations telles que Voix Nouvelles et le Cursus IRCAM. Il a été guidé par d’éminents compositeurs tels que Brian Ferneyhough, Heinz Holliger, Henri Pousseur, Kaija Saariaho, Mauricio Kagel, Michael Levinas, Luis Naón et Stefano Gervasoni.

Ses travaux sont récompensés par de nombreux distinctions à l’instar du prix de la Fondation Francis et Mica Salabert en 2013 et du prix de l’Académie de beaux arts de France en 2015. Il reçoit de prestigieuses commandes du Ministère français de la Culture, du Centre Henri Pousseur, de la SACEM, de L’Ensemble Proxima Centauri et du Quatuor Tana. Ses œuvres sont régulièrement jouées par d’éminents ensembles et interprètes tels que l’Ensemble Intercontemporain, l’Itinéraire, Linea, LAPS, L’Arsenale, Regards, Sonido Extremo, Feedback, l’Orchestre National du Pérou, Claude Delangle, Jeanne Maisonhaute, Antonio Politano et Maribé Charrier. Sa musique est diffusée dans des festivals de renom comme le Festival Ars Musica, Archipels, Cervantino, La Chaise-Dieu, Manca, Mixtur, Rhizome, Transit Festival et ¡Viva Villa!

Compositeur en résidence au Centre Henri Pousseur (2014), à l’IRCAM (2015), membre de l’Académie de France à Madrid, Casa de Velazquez (2016/17), compositeur en résidence au Centre de Création Musicale Art Zoyd (2017), il est membre de l’Académie de France à Rome, Villa Médicis pour l’année 2017/2018.

En 2014 il entame une nouvelle étape de son travail artistique avec la construction de nouveaux instruments capables de transmuter leur son, les TanaInstruments. En effet, sa démarche esthétique consiste à mêler deux cultures musicales fortement contrastées: la culture occidentale et la culture latino-américaine. Cela se traduit dans l’hybridation des indices perceptuels des sons afin d’en révéler la nature évocatrice et irrationnelle de leur substance, jusqu’à parfois les rendre énigmatiques.


Lepremierquatuoracordeshybride

« Juan Arroyo a synthétisé son travail sur l’hybridation autour de trois domaines fondamentaux concernant les indices perceptifs : le geste, l’espace et le timbre. L’hybridation est au cœur du brouillage de ces indices. L’expression « brouillage de l’écoute causale » englobe différentes situations d’écoute.

Au sujet de son quatuor à cordes hybride SMAQRA, même si l’objet musical de départ s’inscrit dans un timbre percussif, les codes d’écoute nous renvoient cependant aux instruments à cordes. La singularité et l’intérêt de cette œuvre sont ces jeux de déplacement, de mouvement entre une écoute causale et une écoute réduite passant par de nombreux états intermédiaires de perception. Juan Arroyo en explore différents degrés en floutant progressivement les sources sonores comme un photographe ou un cameraman nous faisant voyager du concret vers l’abstrait, de la matérialité vers l’immatérialité par le jeu de la mise au point de son objectif.

Ainsi, la recherche du développement de l’écoute réduite, favorisée de manière générale par l’électronique, constitue une trajectoire vers l’inouï dont la frontière entre réalité sonore et irréalisme est en totale corrélation avec les penchants littéraires de Juan Arroyo sur le réalisme magique. »

FABIEN HOULÈS
Profesor Agregado de la Universidad Jean Monnet de Saint Étienne,
Le premier quatuor à cordes hybride, l’exemple de Smaqra de Juan Arroyo,
publicado en la primavera de 2017 por la editorial L’Harmattan.