à propos



« L’une des voix les plus importantes à suivre dans la musique latino-américaine d’aujourd’hui. » – Scherzo Magazine

Né à Lima, Juan Arroyo a grandi en étant profondément imprégné des traditions orales et de la richesse culturelle de son pays natal, le Pérou. Dès son plus jeune âge, il a été initié à la musique par la flûte de pan, son tout premier instrument, et par les chants et récits populaires qui façonnaient son environnement. Très tôt, sa curiosité insatiable pour le son s’est manifestée, portée par un besoin viscéral d’en explorer les subtilités, les textures et d’en repousser les limites. Cette quête passionnée l’a conduit à entreprendre des études en composition à l’Université Nationale de Musique du Pérou, où il a commencé à façonner les premières pierres de son langage musical. En 2001, il a cofondé le Cercle de composition péruvien, initiative essentielle pour dynamiser et promouvoir la création musicale contemporaine au Pérou.

En 2004, il s’installe en France, où il intègre le Conservatoire de Bordeaux, avant de rejoindre en 2008 le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où il obtient un Premier Prix en composition. Son parcours est enrichi par des formations telles que Voix Nouvelles et l’IRCAM, et guidé par de figures majeures de la musique contemporaine, dont Allain Gaussin, Brian Ferneyhough, Heinz Holliger, Jean-Yves Bosseur, José Sosaya, Henri Pousseur, Mauricio Kagel, Michael Levinas, Luis Naón et Stefano Gervasoni.
En résidence dans des institutions telles que l’IRCAM (2014), le Centre Henri Pousseur (2014), la Cité Internationale des Arts (2015), la Casa de Velázquez (2016), la Villa Médicis (2017) et le Centre Art Zoyd (2017), il a approfondi son exploration de territoires sonores inédits. En 2014 il compose Smaqra, le premier quatuor à cordes hybride et développe en collaboration avec l’acousticien Adrien Mamou-Mani, le Quatuor Tana et le luthier Lucas Balay les « TanaInstruments », des dispositifs novateurs transformant les sonorités conventionnelles des instruments du quatuor à cordes.

Récompensé par de prestigieuses distinctions internationales – Prix de la Fondation Salabert pour Selva (2013), Prix de l’Académie des Beaux-Arts de France et Prix Ibermúsicas pour Phani song (2022) – Juan Arroyo propose une œuvre riche et variée. Traversant une large palette de formats – pièces solistes, musique orchestrale, musique instrumentale, vocale, mixte et électroacoustique – ses créations sont interprétées par des ensembles de renommée mondiale tels que l’Ensemble Intercontemporain, 2e2m, L’Itinéraire, Linea, LAPS, L’Arsenale, Proxima Centauri, Sonido Extremo, Vertixe Sonora, le Quatuor Tana et l’Orchestre National du Pérou. Commandé par des institutions prestigieuses, il relève des défis créatifs portés par des festivals tels que Donaueschingen, Ars Musica, Les Musicales d’Assy, Présences, MAD Festival, Festival aux Chandelles, Ensemble(s) et Nouveaux Horizons. Chaque œuvre reflète sa capacité à repousser les frontières des genres traditionnels et à explorer de nouveaux univers sonores.Il enrichit son travail d’une dimension plastique où transcendance et multidimensionnalité se conjuguent. Ses créations trouvent un écho particulier dans des contextes d’exposition variés. Parmi elles, « Paysage Sonore », présenté au Musée archéologique Baelo Claudia (2017) et à la Casa de Velázquez (2018), ou encore « Listen to me », exposée à la Villa Médicis dans le cadre du projet « Take me, I’m yours » (2018). Sa collaboration avec l’artiste visuel Vincent Ciciliato a donné naissance à des œuvres interdisciplinaires comme « SABIA VR », présentée au MAD Festival (2023), au Festival Pléiades (2024) et à La Semaine du Son de l’UNESCO à Pau (2025).


Aujourd’hui, Juan Arroyo est compositeur en résidence de l’Orchestre National du Pérou, directeur artistique et musical de l’Ensemble Regards et du Festival Sonomundo à Paris, ainsi que directeur artistique du Festival Experimenta à Lima. Parallèlement à ses activités de composition, il s’est distingué dans l’enseignement et les collaborations internationales : professeur au Conservatoire d’Argenteuil (2019-2023), intervenant à l’Académie Mixte à Bordeaux (2022), et compositeur invité dans plusieurs conservatoires prestigieux, tels que le Conservatorio di Musica Santa Cecilia (Italie, 2017), le Conservatoire de Valencia (Espagne, 2016) et le Conservatoire de Bordeaux (France, 2014). Il enseigne actuellement au Conservatoire Jean-Baptiste Lully et à l’Université Nationale de Musique du Pérou.


Lepremierquatuoracordeshybride

«Juan Arroyo a synthétisé son travail sur l’hybridation autour de trois domaines fondamentaux concernant les indices perceptifs: le geste, l’espace et le timbre. L’hybridation est au cœur du brouillage de ces indices. L’expression « écoute causale » englobe différentes situations d’écoute. Dans son quatuor à cordes hybride, SMAQRA, bien que l’objet musical original fasse partie d’un timbre percussif, les codes d’écoute nous renvoient à des instruments à cordes. La singularité et l’intérêt de cette œuvre sont ces jeux de déplacement, de mouvement entre une écoute causale et une écoute réduite passant par de nombreux états intermédiaires de perception. Juan Arroyo explore différents degrés en brouillant progressivement les sources sonores comme un photographe ou un caméraman nous faisant voyager du concret à l’abstrait, de la matérialité à l’immatérialité par le jeu du développement de son objectif. Ainsi, la recherche du développement de l’écoute réduite, favorisée de manière générale par l’électronique, constitue une trajectoire vers l’inouï dont la frontière entre réalité sonore et irréalisme est en totale corrélation avec les inclinations littéraires de Juan Arroyo sur le réalisme magique. « 

FABIEN HOULÈS
Professeur agrégé de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne. Le premier quatuor à cordes hybride, l’exemple de Smaqra de Juan Arroyo, publié au printemps 2017 par la maison d’édition L’Harmattan.